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Dans quelques jours, le texte de la loi pénitentiaire, voté
par le Sénat en mars dernier, va venir en discussion à
l’Assemblée nationale. Cela fait plus de 20 ans que la question est
à l’ordre du jour. Rappelons-nous : en février 1989, dans un contexte
de grèves dures des personnels de surveillance, Gilbert Bonnemaison,
député, spécialiste des questions de sécurité au Parti socialiste
est investi d’une mission de réforme du service pénitentiaire. Dans
son rapport remis au Garde des Sceaux, il est question de numerus
clausus pénitentiaire, d’assignation
à domicile sous surveillance électronique (ADSE) et de bien d’autres
choses dont la représentation nationale va débattre dans quelques
jours. Homme de terrain, Gilbert Bonnemaison était, sur bien
des sujets, un visionnaire. A l’époque, il ne sera guère
écouté.
En juillet 2000, le Sénat et l’Assemblée nationale rendent
publics les résultats des deux commissions d’enquête créées sur
la situation des prisons. Les deux assemblées dénoncent la surpopulation
des maisons d’arrêt, le délabrement des locaux, l’absence de contrôle
externe et l’arbitraire qui en découle. Du côté du Palais Bourbon,
on propose une « grande loi pénitentiaire » et l’instauration d’un
numerus clausus pour limiter les incarcérations en maison d’arrêt.
Du côté du Palais du Luxembourg, on pense « qu’on ne changera pas
les prisons par la seule loi » et que des mesures d’urgence s’imposent.
Elles continuent de s’imposer : aujourd’hui encore, on compte
11 411 détenus en surnombre pour une population de 62 420 détenus
(1er août 2009, France entière). 500 détenus dorment par
terre, sur des matelas installés pour la nuit. C’est inacceptable.
Le contexte ne se prête certainement pas aux solutions simplistes
inspirées
de tel ou tel dogmatisme quand la société est confrontée à la
surpopulation
endémique des maisons d‘arrêt, à la crise de sursuicidité carcérale
(sans doute liée à la présence de nombre de personnes détenues pour
faits de violence et/ ou atteintes de troubles mentaux) et en amont,
à l’augmentation des violences constatées par les services de police
et de gendarmerie, aux tensions dans les cités, à la détérioration,
du fait de la crise, des conditions de vie de tant de nos concitoyens.
Dans
cet environnement difficile, plusieurs points positifs sont pourtant
à souligner.
Nous souhaitons que la majorité actuelle, élue sur un programme qui
faisait explicitement référence à l’application des règles
pénitentiaires
respecte ses engagements. Nous souhaitons que les groupes de la majorité
et de l’opposition aient la sagesse de s’atteler, ensemble, à
l’amélioration
du texte du Sénat, sur tel ou tel point, en retrouvant l’esprit de
consensus des rapports parlementaires de l’année 2000.
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